Extrait:

« Telle une bande de poulets effrayés,

chefs de gouvernement et ministres des finances,

toujours plus confus et agités,

courent de conférence en conférence. »

C’est bien la première fois que j’éclate de rire en lisant ce feuillet de commentaires d’investissement financier sans illustration et pas spécialement passionnant que je reçois depuis quelque temps (sans doute par effet secondaire de tel ou tel annuaire professionnel.)

Il faut dire que… c’est tellement vrai (sauf que ces dirigeants ont l’air encore plus fatigués qu’effrayés, du moins sur les écrans télé).

A vrai-dire, ce commentaire est certes un peu fastidieux à lire, mais c’est un très bon résumé de tout ce qui s’est passé depuis 3 mois sur la scène économique et financière, et qui est quand même assez incroyable – je pense notamment au remplacement complet de 2 gouvernements européens en dehors des échéances électorales, sous la pression financière de la crise de la dette, en Italie et en Grèce…

Le propos est grave, mais bien écrit, la désespérance est évidente, mais il transpire à travers les lignes un fond de combativité qui me fait choisir ce mot plutôt que désespoir. Le commentaire se risque à proposer une innovation, « un nouveau modèle d’affaires pour le gestionnaire de fortune »: réaffirmer la dimension de propriété (y.c. pour les actions). Innovation? la propriété n’est-elle pas le fondement de nos sociétés depuis qu’elles se sont sédentarisées, il y a… euh… fort longtemps?

En conclusion, puisque nous sommes tous si humains, y.c. les banquiers qui aiment leurs enfants aussi comme les Russes que chantait Sting il y a 25 ans, cette citation de Blaise Cendrars:

La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré et, pour être désespéré, il faut avoir beaucoup vécu et aimer encore le monde.

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