Il y a 4 ans, la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social démarrait son travail à l’initiative du gouvernement français, avec le soutien de l’OCDE, rassemblant une trentaine d’experts des USA, d’Europe et d’Inde sous la direction de Joseph Stiglitz, Amartya Sen, et Jean-Paul Fitoussi. But: déterminer les limites des indicateurs actuels, basés sur le PIB notamment, et identifier différentes alternatives.

En 2009, la Commission rendait ses résultats, recommandant de développer de nouveaux indicateurs du durabilité/soutenabilité d’une part, et de bien-être/qualité de vie d’autre part, tout en reconnaissant la difficulté de formaliser et mesurer de tels indicateurs. L’OCDE a donc pris le relais sur ces travaux, en proposant en ligne depuis 2011 un indicateur du vivre mieux qui permet à chacun d’entre nous de comparer la performance statistique de différents pays selon ses propres préférences au moyen de 11 thèmes considérés comme essentiels au bien-être.

Plus globalement, l’OCDE développe depuis 2009 une initiative de wikipedia du progrès: la plateforme wikiprogress, ouverte à tout contributeur du grand public intéressé à ce sujet. L’OCDE a aussi, pour autant que je puisse en juger, initié ou contribué à l’évaluation de plusieurs concours ouverts au public en 2011: vidéos de 18-25 ans du monde entier sur leur vision du progrès, concours de The Economist en collaboration avec la plate-forme d’innovation ouverte Innocentive sur de nouvelles mesures du potentiel humain…

Après avoir gagné ce concours, je me suis intéressée à une initiative lancée sur le web par Brandon Peele dans le même contexte, car nos propositions partageaient une même base de psychologie positive et je voulais continuer la discussion en échangeant des points de vue complémentaires sur ce sujet. J’ai pris contact avec lui, rejoint son groupe de travail et pendant 6 mois, nous avons régulièrement débattu, par email et conférences téléphoniques entre Californie, Texas, Suisse et Inde sur nos visions des mesures de progrès, de la durabilité à l’innovation en passant par la démocratie et le sens même du progrès. Cela s’est avéré très fructueux, parce que nous avons pris conscience à quel point nos histoires personnelles et environnements culturels influençaient fortement nos idéaux de mesure – implicitement! mais en explicitant nos valeurs sous-jacentes, il devient plus facile d’expliquer l’importance que nous donnons à tel ou tel critère (la démocratie, la liberté, l’écologie…) et donc à telle ou telle mesure de progrès (HPI, HDI, nos propres mesures idéales CDI ou CSI, etc.). Le principe de discuter tout cela plus globalement, via une plateforme de réseaux sociaux, nous a semblé une évidence. Début 2012, nous avons donc ré-orienté notre initiative dans cette direction, renommé notre groupe, ébauché un plan de développement (Thierry Janssen m’a notamment inspiré la proposition de « bottom-up » sur un questionnaire à base de Seligman et Peterson, dont j’aimerais bien affiner un prototype plus simple que le test original) et après avoir exploré les possibilités  de la plate-forme wikiprogress, contacté l’équipe du projet à l’OCDE pour discuter avec eux comment contribuer nos idées dans ce contexte déjà bien développé, mais pour le moment relativement peu utilisé en dehors des correspondants de l’OCDE.

La prochaine étape est de participer au 4e forum mondial de l’OCDE sur le progrès, la connaissance et les statistiques qui aura lieu en Inde – une première pour l’OCDE… et pour nous aussi! – du 16 au 19 octobre, avec le but d’affiner les plans de développement au delà de 2015… à suivre donc ces prochains jours sur place et en ligne (twitter #delhi2012)…!

Publicités